Mobirise

Le monde d'
ANDRÉ KERTÉSZ

Grilles du jardin Massey, rue André Fourcade, Tarbes
4 juillet - 20 septembre

« Quoi que nous ayons fait, Kertész l’a fait le premier. »

Henri Cartier-Bresson

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André Kertész a photographié non-stop de 1912 à 1984. Il est passé, avec une longueur d’avance, par tous les courants artistiques, sans pourtant jamais en rejoindre un seul. Il est parvenu à tester toutes les innovations techniques (à en inventer certaines même) sans jamais dévier pourtant d’une ligne personnelle magistralement cohérente. 
Il fait de la photo en extérieur dans les années 1910. Il flirte avec l’abstraction constructiviste dans les années 20 et avec l’effet d’optique en même temps. Il invente le reportage social dans les années 30. Et ce presque malgré lui: c’est sa sensibilité qui le mène à immortaliser la « vraie vie ». Il avance guidé par ses sentiments, par une subjectivité presque émotive.

« Je ne regarde pas, je vois. Ce sont deux choses différentes. Je ne sors pas pour photographier. J’ai toujours mon appareil avec moi et je m’arrête pour photographier des choses qui me captivent » 

Mais c’est au niveau de la composition que Kertész a été le précurseur absolu. Et ce, dès les années 20. Cet autodidacte, qui avance à l’instinct, parvient à employer les formes modernes de l’avant-garde, c’est-à-dire des lignes, des ombres, des abstractions pour en faire des compositions poétiques. 
On dit de Cartier-Bresson qu’il a l’œil d’un géomètre, avec ses photos ultra-structurées en plusieurs plans. Voilà qui est parfaitement valable pour Kertész. C’est comme s’il cherchait l’équilibre spatial des villes, un centre fragile d’architecture entre les lignes et les humains. Un point sensible permettant au monde autour de ne pas s’écrouler. Comme dans un mobile de Calder…
Kertész enfin a été un des pionniers de la retouche. Dès les années 20 il retravaille sur les négatifs et les positifs, s’essaye à la polarisation, et surtout il recadre, re-zoome, jusqu’à tirer en grand format d’infimes détails de ses photos.
Assumant une recherche parfaitement subjective, une quête de la photo sensible plutôt que le témoignage, une photo volontairement éloignée du réel, une photo qui fait rêver.


Clemence, Lense 2013

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